miércoles, 3 de febrero de 2016

Rabelais


Parmi les différents livres qui se trouvaient dans le carton, plusieurs avaient pour auteur Rabelais. (Dont vous avez au côté la représentation picturale)
Je me suis alors pris de curiosité pour cet écrivain aux idées révolutionnaires pour son temps.



J’ai ainsi découvert que Rabelais était un fervent partisan de l’ Évangélisme. Ce courant religieux, à forte coloration humaniste, et dans l’héritage de l’humanisme chrétien incarné par Érasme, se caractérisait par sa volonté d’épurer la religion catholique en prenant les saintes Écritures comme seul fondement du christianisme. Il s’opposait ainsi logiquement aux ambitions temporelles des papes, qui embrassaient souvent les voeux ecclésiastiques pour mieux favoriser leurs carrières. Évidemment, les évangéliques, protégés en France par Marguerite d’Angoulême dite “Marguerite de Navarre”, soeur de François Ier, aspiraient à une transformation profonde des mentalités et des institutions.

Justement, dans le livre Gargantua, un passage particulier a attiré mon attention pour la critique sévère effectuée par Rabelais à propos du comportement des moines réguliers. Il s’agit du chapitre XXVII où apparaît la figure particulière de Frère Jean, moine atypique qui défend à lui tout seul le clos son abbaye, tandis que ses coreligionnaires sont paralysés par la peur et l’inaction. En faisant de Frère Jean un héros, Rabelais a voulu dénoncer la mollesse du clergé, son inaction voire son inutilité dans la société, ce qui, au XVIème siècle, était assez osé!

On voit tout d’abord dans le début de l’extrait, lors de la description de Frère Jean des Entommeurs, qu’il y a un portrait en creux des autres moines. Frère Jean est beau, agréable, propre, drôle, intelligent mais sans être pédant. Il s’autorise quelques libertés: la table, la boisson, le rire, et les dames visiblement… mais surtout la liberté de pensée et de critiquer ses supérieurs. Bref, il ne respecte ni ses voeux d’obéissance, ni ses voeux de chasteté, et ne recule pas devant le blasphème, qu’il trouve charmant. 
Et de fait, il ravit l’assemblée composée par Grandgousier, Gargantua et Ponocrates, qui vont jusqu’à se demander comment il est possible que d’habitude, les prêtres gâtent toute compagnie, laissant entendre que d’habitude, les moines catholiques sont comme déjà morts et sclérosés, ce que le lecteur avait déja vu lorsqu’ils s’étaient enfermés pour prier leur ridicule “impetum inimicorum” pendant l’assaut des ennemis, dans l’espoir de conjurer l’issue néfaste de la bataille. Leur prière ridicule, déformée par les modulations du chant grégorien, prend évidemment une dimension satirique, dans la mesure où Rabelais dénonce l’inaction des prêtres qui prennent à la lettre la mission que leur réserve la société d’ancien régime: prier pour tous les ordres. Ici les prêtres prient bien sûr parce que c’est leur mission, mais surtout parce qu’ils sont rongés par la peur. 
Rabelais défend donc un clergé actif, engagé, viril, à l’image de Frère Jean qui frappe les ennemis “de son bâton de la croix”. Les contemporains de Rabelais ont crié au blasphème, mais je crois que la satire est encore plus puissante que le blasphème dans ce passage. Frère Jean incarne l’image véritable de la chrétienté selon Rabelais, le prêtre qui vit dans le monde, dans la vie, et non reclus et privilégié. 
Pour appuyer son propos, rendre sa satire encore plus efficace, Rabelais décide d'utiliser le registre épique pour créer l'héroïsation de Frère Jean. Ce héros va jusqu'à tous les massacrer avec une croix, en ne laissant absolument aucun survivant malgré que certains l'ait supplié. Il va très loin, mais c'est pour rire et l'auteur joue içi sur le deuxième degré. L'hyperbolisation sert à frapper les esprits pour les faire réfléchir sur un sens et non pas juste écrire une scène de violence.


Gargantua est un ouvrage d‘éducation, un apologue qui est impreigné d’irrévérence religieuse car Rabelais y fait la critique cachée du clergé, de son inutilité, de son inaction. La figure de Frère Jean lui permet de développer une réflexion sur l’inanité d’un corps religieux et d’après lui, la solution c’est une réforme religieuse par l’Evangelisme.

C’est à travers le carnavalesque que Rabelais rend son oeuvre comique et tente d’échapper à la censure. Mais le fait d’avoir exprimé son opinion et satirisé le clergé dans son roman, il subit plusieurs censures tout au long de sa vie:

    En effet, en 1532, il publie, sous le pseudonyme d’Alcofribas Nasier, le roman Pantagruel mais dès 1533  ce dernier est condamné par la Sorbonne. Heureusement, sa réputation de médecin lui vaut la protection de l’évêque de Paris, Jean Du Bellay, futur cardinal.

En 1534, il publie son deuxième roman carnavalesque, Gargantua, qui sera censuré par la Sorbonne en 1543. Mais grâce à son poste de « maître des requêtes du Roi », il obtient en 1545 un privilège de François Ier pour imprimer librement ses livres pendant dix ans.

Le Tiers Livre est jugé obscène et censuré par la Sorbonne, à l’égal de Pantagruel et de Gargantua. Pourtant, il sera protégé et publié en 1546.

En 1550, Rabelais obtient du roi Henri II un privilège pour la réimpression de ses ouvrages.

Rabelais passa sa vie à défendre ses idées à travers ses romans, il fut à chaque fois censuré mais grâce à ses relations avec le pouvoir, il put éviter la censure et publier ses livres jusqu’à sa mort en 1553.







. Le temps était encore ténébreux et sentant l'infélicité et calamité des Goths, qui avaient mis à destruction toute bonne littérature ; mais, par la bonté divine, la lumière et dignité a esté de mon âge rendue ès lettres [...] Maintenant toutes disciplines sont restituées, les langues instaurées, grecque, sans laquelle c'est honte que une personne se die savant, Hébraïque, Chaldaïque, Latine ; les impressions tant élégantes et correctes en usance, qui ont été inventées de mon âge par inspiration divine [...]

François Rabelais, Les Horribles et Épouvantables Faits et Prouesses du très renommé Pantagruel, chap. 8, 1532

Un certain manuscrit...


Alors pour continuer sur cette chère Renaissance, parmi les affaires de mon père se trouvait un manuscrit très ancien mais pourtant bien conservé. Sa conservation est surement dûe en partie par le fait que mon père était assez méthodique et prenez grand soin de ses affaires. (Ce qui n’est pas le propre de l’artiste malheureusement pour moi !)
Seulement, le titre est devenu complétement illisible avec le temps et il manque certaines pages dont très probablement celle où apparaissait le nom de l’auteur... je ne possède donc aucune information à part la date : 1549. J’ai entrepris de le lire et j’ai découvert que ce manuscrit était une sorte d’essai à propos du pouvoir, de la tyrannie et de la servitude du peuple. Un sujet qui forcément m’intéresse beaucoup.


Certains passages m’ont énormément plu car l’auteur explique ses idées philosophiques très profondes sur l’absolutisme en les démontrant à l’aide d’exemples historiques.

“Aux batailles si renommées de Miltiade, de Léonidas, de Thémistocle 5, qui datent de deux mille ans et vivent encore aujourd’hui, aussi fraîches dans les livres et la mémoire des hommes que si elles venaient d’être livrées récemment en Grèce, pour le bien de la Grèce et pour l’exemple du monde entier (...) Mais aussi, dans ces glorieuses journées, c’était moins la bataille des Grecs contre les Perses, que la victoire de la liberté sur la domination, de l’affranchissement sur l’esclavage.”

  Il va ainsi faire référence à des figures de héros antiques qui ont défendu la liberté les armes à la main. Et ces exemples d’autorité sont absolument indiscutables ! Justement parce qu’ils sont atemporels et universels. “Ils sont vraiment miraculeux les récits de la vaillance que la liberté met dans le cœur de ceux qui la défendent !”

  L'idée centrale du texte est que la tyrannie, c'est à dire la domination absolue d'un seul homme, est inexplicable à moins que le peuple consente volontairement à la servitude. Et c’est avec conviction que cet auteur va ainsi accuser la société de se soumettre de bonne volonté à la tyrannie:

“C’est le peuple qui s’assujettit et se coupe la gorge : qui, pouvant choisir d’être sujet ou d’être libre, repousse la liberté et prend le joug, qui consent, qui consent à son mal ou plutôt le pourchasse. (...)
La seule liberté, les hommes la dédaignent, uniquement, ce me semble, parce que s’ils la désiraient, ils l’auraient : comme s’ils se refusaient à faire cette précieuse conquête, parce qu’elle est trop aisée.”

Ses thèses défendues sont que le tyran est souvent un homme faible, comme les autres. Il n’y a d’oppression que volontaire. Les peuples sont responsables de leur soumission. L’usage de la raison fera disparaître chez les peuples le besoin d’être trompé et dominé.
L’auteur se demande alors qu’est-ce qui fait qu’un peuple puisse être l’instrument de son propre esclavage ?

Pour lui, trois raisons peuvent expliquer cette attitude :
1)   L’habitude ou la coutume
2)   La manipulation du puissant
3)   L’intérêt ou le profit

L’habitude ou la coutume pourrait expliquer cet asservissement étant donné que les régimes sont fondés sur la peur qui sert à dissimuler l’absence de légitimité de cette tyrannie. Ainsi, le peuple s’auto-soumet aux pouvoirs en place, par simple habitude, par récurrence historique.

“La première raison pour laquelle les hommes servent volontiers, est parce qu’ils naissent serfs et sont nourris comme tels.”

La manipulation que le tyran exerce joue un rôle important pour maintenir son pouvoir car en cherchant à abrutir ses sujets, il les soumet. L’alcool, le sexe, les jeux : autant de moyens de contrôler le peuple en assouvissant ses désirs les plus bas. A cela s’ajoutent la religion et la superstition, indispensables pour garder le pouvoir.

“Le théâtre, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes curieuses, les médailles, les tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, le prix de leur liberté ravie, les outils de la tyrannie.”

Le profit que certaines personnes tirent de cette tyrannie aide le puissant à asseoir son pouvoir. Les tyrans créent une structure de pouvoir très élaborée, consistant en une hiérarchie à plusieurs niveaux. Ainsi il ne dirige pas une foule du même niveau et donc unie, au contraire il la divise pour que les différents ordres controlent ceux qui leur sont socialement inférieurs. Pour se maintenir en place, le tyran a besoin d’un petit nombre d’individus qu’il laisse profiter du système.
“En somme, par les gains et les faveurs qu’on reçoit des tyrans, on en arrive à ce point qu’ils se trouvent presque aussi nombreux, ceux auxquels la tyrannie profite, que ceux auxquels la liberté plairait.”
Bon mais à quoi cela servirait de critiquer sans proposer de solution ? Ainsi, après avoir mis en lumière les tords de cette société soumise, il explique clairement comment ne plus l’être:

  • Pour cela, il insiste sur le fait qu’il faut d’abord la vouloir, cette liberté. C’est grâce notamment à l’éducation et le savoir que l’homme est capable d’être libre et éveillé en s’écartant ainsi de l’ignorance qui le maintient dans la servitude.

“Et pourtant ce tyran, seul, il n’est pas besoin de le combattre, ni même de s’en défendre ; il est défait de lui-même si le pays ne consent point à la servitude.

  • Ensuite, il suffirait juste que les hommes arrêtent d’avoir peur et de se soumettre, que la base de la structure en place renonce à soutenir l’édifice social pour que celui-ci s’écroule de toutes pièces.

Il ne s’agit pas de le lui arracher, mais seulement de ne rien lui donner.”

“Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. Je ne vous demande pas de le pousser, de l’ébranler, mais seulement de ne plus le soutenir, et vous le verrez, tel un grand colosse dont on a brisé la base, fondre sous son poids et se rompre.”

“Si on ne leur donne rien, si on ne leur obéit point, sans combattre, sans frapper, ils demeurent nus et défaits et ne sont plus rien.”

Bon je vous rassure tout de suite, je ne me suis pas contenté de lire cette oeuvre sans tenter de découvrir de qui elle était et quel était son titre ! Après quelques recherches, j’ai trouvé que cette oeuvre littéraire se nommait Le discours de la servitude volontaire du jeune auteur Etienne de La Boétie.


Jeune en effet, car La Boétie rédige ce livre en 1549 à l’âge seulement de 19 ans !
J’ai aussi compris pourquoi je possédais un manuscrit très ancien et non pas un ouvrage imprimé. C’est parce que jusqu’à sa mort (en 1563), La Boétie décidera de ne pas imprimer son oeuvre mais de faire une circulation manuscrite confidentielle pour ainsi pouvoir contrôler la diffusion de ses idées sans pour autant se mettre sous le joug de la censure. Effectivement, la censure aurait sans aucun doute réagi car il s'agit d'un texte politique essentiel qui aborde le thème très polémique à l’époque, celui de la légitimité de l’autorité sur une population et qui essaie d'analyser les raisons de la soumission de celle-ci (rapport domination / servitude).


Il restera ainsi confidentiel de nombreuses années et la première publication ne s’effectuera qu’en 1576, par des protestants, qui, persécutés, ont rebaptisé l’œuvre Le Contr’un pour en faire un outil de contestation politique contre le roi de France catholique.

Avec la diffusion confidentielle, La Boétie arrive tout de même à étendre ses idées qui atteindront plusieurs humanistes de l’époque, dont, notamment, Montaigne.
En lisant ce texte manuscrit, Montaigne va chercher à en connaître l'auteur. De sa rencontre avec La Boétie naît alors une amitié qui va durer jusqu'à la mort de ce dernier. Il louera même le discours de son ami dans une de ses oeuvres.
Voici ce qu’il en dit dans le chapitre XXVIII des Essais (1572-1592) : «  C’est un discours auquel il donna le nom de La Servitude volontaire, mais ceux qui l’ont ignoré l’ont bien proprement depuis rebaptisé Le Contre’un. Il l’écrivit par manière d’essai en sa première jeunesse, à l’honneur de la liberté contre les tyrans. »



Art pictural au XVIème siècle

Alors aujourd’hui c’est un article un peu particulier mais son sujet a déjà été traité de nombreuses fois. En effet, qui ne connait pas les célèbres peintres italiens de la Renaissance tels que Da Vinci ou Michel-Ange?
Sincèrement, je ne pouvais pas vous parler du XVIeme siècle sans aborder l’art pictural italien. Mais justement, je ne parlerai pas des prouesses artistiques que ces artistes ont réalisés, mon but est tout autre : je souhaite vous révéler les détails cachés que renferment les oeuvres des plus grands peintres de l’Histoire, qui ont su, à travers leurs créations, représenter leur valeurs et leurs idées nouvelles.

Il y a milles et unes oeuvres à aborder mais je préférais vous parler d’une seule qui est pour moi la plus audacieuse car c’est au sein même de l’Eglise, que l’artiste a eu le courage de peindre selon ses idées, sans se préoccuper qu’elles soient acceptée ou non par les dogmes catholiques.
Et oui, c’est de Michelangelo Buonarroti que je vais vous parler. Dit Michel-Ange, il fut choisi par le Pape Jules II pour peindre l’immense fresque du plafond de la Chapelle Sixtine au Vatican. La réalisation du plafond dura de 1508 à 1512. En 1536, le Pape Paul III commande cette fois ci à Michel-Ange de peindre Le Jugement Dernier sur le mur de l’autel, que le peintre terminera en 1541.

Voici donc la peinture “Le jugement dernier” de Michel-Ange.


Son aspect est certes très religieux, mais à travers certaines scènes, le peintre a usé de l’entière liberté que lui offrait le pape pour faire passer ses idées ou rendre son oeuvre un peu moins sacrée.

Tout d’abord, l’un des traits révélateurs de sa volonté de désacralisation est le nu casi constant. Le nu qui dévoile aussi complêtement les parties génitales, vous savez, ces choses qui à l’époque n’étaient considérés comme être seulement la marque de la bestialité et la bassesse de l’Homme ? Et bien Michel-Ange a osé laisser les hommes et les saints totalement dépourvues de pudité et ceci sera  justement extrêmement critiqué depuis le début.

Notamment avec la figure de la damnation (en bas à droite du tableau), il ose l’impensable en peignant un démon qui attrape les parties génitales d’un homme pour l’emmener aux Enfers.


Bon, et pour cette seconde image, qu’est ce qu’il peut bien y avoir de provoquant ?
Casiment rien car la censure est justement passée par là!


A l’origine, Michel-Ange avait peint la suggestion d’une étreinte sodomite de Saint Blaise avec Sainte Catherine. La censure a donc habillée entièrement la sainte et a fait tourné le visage de Blaise. Mais la copie de Marcello Venusti nous montre bien quelle position scandaleuse avait été peinte à l’origine par Michel-Ange.


Aussi, à un endroit du tableau, Michel-Ange a représenté son ennemi Biagio Da Cesena qui appelait à la censure et qui voulait détruire sa réputation, en le mettant en scène par le personnage de Minos attaqué par un serpent. et je sais si vous l’avez déjà remarqué mais une fois encore, ce sont les parties génitales qui recele toute la critique, car elles sont mordues par le serpent.


Dans le centre droit du tableau, le peintre se serait aussi représenté lui-même dans la peau de St Barthélémy écorché pour peut-être symboliser l’état psychologique dans lequel il se trouvait en peignant le Jugement Dernier. Quelle figure repoussante, non ?... Quelle que soit la raison de son ressentiment, bien que l’on suppose qu’il soit du à la profusion de critiques dès le début des travaux, l’artiste a aussi voulu se représenter de cette manière pour montrer son désaccord et sa perdition face à tous ces dogmes, toutes ces choses contraires au progrès et à la raison que l’Eglise prône comme vérité absolue.


Pour parler un peu de cette censure picturale, elle a eu lieu à cause de la lettre rendue publique en 1547 écrite par Biagio da Cesena qui, par ressentiment personnel, dénonce le caractère hérétique de la fresque tout en évoquant les relations immorales de l’artiste avec des jeunes. cela failli eu pour conséquence la destruction complète du chef-d’oeuvre.
L'artiste, accusé d'immoralité et d'obscénité verra cependant son oeuvre sauvé car l'affaire est amenée devant le pape, qui répond que sa juridiction ne s’étend pas jusqu’à l’Enfer, et que ce faisant, la fresque doit rester.

L’ironie du sort voulu que ce soit le très bon ami de Michel-Ange, l'artiste Daniele da Volterra, qui du recouvrir d’un voile les organes génitaux de chaque personnage.

Un combat commun

“L’homme est la mesure de toute chose.” - Protagoras, au 485-410 av JC

En réaction au dogmatisme rigide du Moyen-Age, l’humanisme propose de renouer avec les valeurs de l’Antiquité classique considérée comme le fondement de la connaissance au niveau de l’art, de la littérature et de la philosophie.
La foi des humanistes ? Elle est en l'être humain. L’homme et son épanouissement sont au centre de leurs préoccupations.
Les humanistes de la Renaissance sont des érudits qui ont soif de savoir. Les idées humanistes en matière d'éducation aboutissent à la création de nouvelles écoles dans toute l'Europe. Artistes, lettrés et savants se lancent dans la construction d'un savoir moderne avec Léonard de Vinci qui s’interesse à l’anatomie, Copernic qui concoit le modèle héliocentrique et Rabelais qui donne dans son Gargantua l'exemple d'une éducation idéale et universelle.
L’objectif humaniste d’Erasme est fondamentalement positif : sélectionner chez les Anciens, les idées conciliables avec le message évangélique. Il estime que la révélation doit être accessible au plus grand nombre et que la foi ne peut être vécue qu'en ayant une vraie connaissance des textes bibliques.
Le Discours de la sevitude volontaire de La Boétie, réquisitoire contre la tyrannie et plaidoyer pour la liberté, illustre l'intérêt des humanistes pour la réflexion politique.
Le maître mot de cet humanisme serait : Curiosité.
Et justement ! Les nouvelles valeurs proposées par l’humanisme au XVIème siècle, fondées sur la raison et le libre arbitre, sont reprises par les philosophes du XVIIIème siècle.
En effet, les philosophes des Lumières combattent les ténèbres de l’ignorance en diffusant le savoir. L’Encyclopédie est un excellent exemple pour montrer à quel point leur but était de rassembler toutes les connaissances disponibles et surtout de les répandre au peuple, à un public pour l’éclairer.
Voltaire, Diderot, Rousseau se battent aussi contre l’absolutisme politique et l’intolérance religieuse comme l’on fait avant eux, les penseurs du XVIe siècle. Ils veulent que la nature humaine ne soit plus liée au péché originel et que l’homme a droit au bonheur, qu’il peut atteindre à l’aide de sa raison.

Le maître mot de cette philosophie des Lumières serait : Raison.

De la Renaissance au siècle des Lumières

Je vais continuer la chronologie et vous faires un bref résumé sur le XVIIème siècle pour ensuite aborder le XVIIIème.
Les humanistes depuis le début de la Renaissance sont attachés aux écrits des maîtres anciens mais au fil des siècles, ils mettent en place une véritable révolution culturelle : la soif d'innovation à portée économique se répercute au niveau de la mécanisation du monde, notamment au XVIIème siècle.
En pensant à cette mécanisation du monde, on pense tout de suite à l'imagination de Vinci, qui conçoit des machines de siège, des fontaines avec leurs pompes et des machinations théâtrales avec tous ses croquis très connus.
On peut aussi penser aussi à Galilée, avec sa lunette astronomique:




Le texte de Galilée, Le messager des étoiles, est le récit de la découverte des étoiles de la voie lactée, du relief lunaire et des satellites de Jupiter au moyen d'une lunette astronomique. En l'utilisant, il va découvrir un nouveau monde : il s'agit grâce à la constitution de nouveaux faits de bousculer la cosmologie traditionnelle et justement ces observations sont pour lui des confirmations de la théorie Copernicienne sur le mouvement de la Terre.


Mais le XVIIème siècle est le théatre des révolutions scientifiques et philosophiques de l’illustre Descartes (dont j’ai déjà parlé précédemment car il se positionne entre le XVIème et le XVIIème). La philosophie de Descartes est une philosophie du contentement et le contentement réside dans la conscience et la pratique de la liberté par et pour tous les hommes. La liberté est vue comme une conquête qui pousse l'homme à toujours parfaire sa connaissance. Et c'est là ce qui constitue le bon usage du libre arbitre. Ce problème de la liberté a deux facettes : les rapports de la liberté à Dieu et les rapports de la liberté aux connaissance. Il s'agit de savoir si cette liberté est possible, et en quel sens? Descartes pense que c’est à travers le doute que la liberté advient.

De plus, au niveau scientifique, Galilée disait que la nature est écrite en langage mathématique, et Descartes impose aussi la science mathématique comme la science qui doit informer et réguler désormais le savoir.  


C'est la controverse scientifique qui est au centre de ce siècle où sont inextricablement mélangées des questions théologiques, religieuses, philosophiques, politiques, sociales et scientifiques.


La dessus arrive le XVIIIème siècle. Les 3 mots d’ordre sont raison, tolérance, humanité mais des oppositions fondamentales s’entrechoquent dans la société de l'époque entre la foi et la raison. Une figure humaine apparait, celle du philosophe, une sorte d'intellectuel engagé, en qui se résume l'idéal des Lumières.

Le vrai philosophe est considéré comme étant un honnête homme qui agit en tout par raison, possédant un esprit de réflexion et de justesse,ainsi que des qualités sociales.

Ce siècle est une période d'idées nouvelles mais ces idées n’ont pu se répandre que parce qu’à la mort de Louis XIV, en 1715, il y a eu un affaiblissement de l'autorité, ce qui provoqua une importante évolution des moeurs.


Tout ce siècle se centre sur la raison, cette faculté, dont parlait déjà le XVIIème siècle de Descartes prend une signification nouvelle. On y ajoute l'esprit critique, dont le droit de regard s'étend désormais à tous les domaines, en vue de construire un monde éclairé. C’est-à-dire que Dieu et le Roi deviennent des sujets comme les autres.

La lutte philosophique ne s'est pas livrée seulement entre les philosophes et le pouvoir, mais, à l'occasion, entre les philosophes eux-mêmes.


La vie de société propre au siècle des Lumières s'épanouit principalement dans les salons, les cafés, les clubs.
Peinture représentant la lecture de la tragédie de l’orphelin de la Chine, de Voltaire


Ce sont dans ces salons que les femmes arrivent à faire leur place et parler avec égalité avec les plus grands hommes. Tous et toutes sont animés par un même but : diffuser les Lumières, lutter contre l'obscurantisme. Cet obscurantisme est dans tous les domaines, politique, artistique, mais aussi économique.


Les cafés étaient des endroits plus ouverts, alors que les clubs sont justement très restreints et sont surtout concentrés sur la politique.

De nombreux philosophes tels que Voltaire, Diderot, Rousseau ont fait partie de ce mouvement, se sont retrouvés dans ses endroits de vie en société et la grande oeuvre que ce siècle a laissé est L’Encyclopédie. Mais je vous en parlerai plus en détail de tout cela dans les prochains articles !